07 mai 2006

Juliette - Mutatis Mutandis

Mon coup de cœur du moment.

J'ai fait la découverte de Juliette, de son nom complet Juliette Noureddine, assez récemment. Lors d'une de mes pérégrinations Virginesques remontant à guère plus d’un mois, où je suis tombé nez-à-nez avec son dernier album, "Mutatis... Mutandis".

Juliette... Juliette... Ou ai-je déjà entendu ce nom... C'est alors que le souvenir d'un épluchage méticuleux du visuel du dernier album d'Olivia Ruiz m'est revenu en tête. Mais bien sûr, Juliette... Juliette ! \o/

Et une fois chez moi… quel enchantement, quel éblouissement, quelle révélation ce fut !

"Mutatis Mutandis" fait montre d'un univers musical particulièrement riche. Tous les textes, écrits par l'artiste qui manie la langue française (et latine) avec une aisance déconcertante, sont un régal de l'oreille et de l'esprit. Chaque histoire est une surprise d'une richesse scénarique étonnante, la mise en scène est effectuée avec brio, l'immersion est totale.

Le tout est accompagné musicalement de rythmes variés d'inspiration latine. Tango, salsa, bossa nova, samba et autres je-ne-sais-quoi se calibrent à la perfection aux textes pour leur donner vie d'une façon surprenante. Avec des textes placés alternativement sous le sous le signe de l'ironie, de l'humour, du cynisme et des facéties, le mélange qui résulte de tous ces ingrédients est d'une pétillance et d'une fraîcheur inouïe.

Cet album fut pour moi une véritable révélation, propre à me donner envie de découvrir les nombreux autres albums de cette artiste.

Cet album est composé de 11 chansons :

  • Le sort de Circé, d'où est tiré le titre de l'album, qui nous conte les changements d'un monde vu des yeux d'une Circé toute puissante, forcée d'adapter son livre de sorts à une humanité en mutation,
  • Les garçons de mon quartier, si vous avez lu la Vierge des tueurs, de Fernando Vallejo, ou vu son adaptation télé, imaginez son pendant chanté et vous obtiendrez cette chanson. Pour ceux qui ne connaissent pas, cela décrit la vie de jeunes sans grand avenir, confrontés à la misère des rues de Medellín, deuxième ville de Colombie,
  • Maudite clochette!, qui décrit avec humour mais aussi cynisme le métier de soubrette,
  • Le congrès des Chérubins, une chanson complètement délirante sur les chérubins, "fesses à l'air et joues rebondies", fêtant la nouvelle année dans une chapelle florentine où ils en profitent pour présenter leurs doléances, très enfantin, très frais,
  • Il s'est passé quelque chose, où l'irréversible progression d'un train quotidien vers un désastre méconnu vient titiller une imagination que l'on espère débordante, dans un crescendo aux limites de la paranoïa,
  • Une lettre oubliée, un duo avec Guillaume Depardieu, qui donne sa voix à une lettre sans signature, de mots d'amants partant au front, demandant à sa douce aimée de ne jamais l'oublier... une douce aimée égarée dans les méandres de sa mémoire, incapable de se souvenir de l'inconnu,
  • L'ivresse d'Abhu-Nawas, je ne saurai qu'en dire, j'ai moins accroché à la musique plus arabisante que le reste de l'album plutôt latin,
  • La braise, qui revisite un classique du genre d'une façon plutôt agréable et entrainante,
  • Mémère dans les orties, un duo avec François Morel mettant en scène deux fiancés quelques minutes avant leur noce, lancés dans une chamaillerie, d'abord digne du capitaine Haddock, puis qui s'escalade dans une surenchère de cruauté,
  • Franciscae mea laudes, la seule chanson qui ne sorte pas de la plume de l'artiste, puisqu'il s'agit d'une adaptation d’un texte de Charles Baudelaire, surprenante en ce qu'elle est en latin, une langue magnifique pour la chanson,
  • Fantaisie héroïque, ou les égarements roleplay d'une employée de bureau qui s'évade dans son monde virtuel, sous l'œil assassin d'une DRH stalinienne, un vrai régal pour le joueur de jeux de rôle en ligne que je suis.
A écouter d'urgence !

1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'aime bien quelques chansons d'elle également!

Chris

http://jeuxdecritsintimes.blogspot.com/